Les paramètres à connaître et leurs valeurs cibles
Cinq mesures suffisent à piloter une piscine familiale. Voici ce que chacune signifie, la plage à viser et ce qui se passe quand on s'en écarte.
pH : 7,0 à 7,4
Le pH mesure l'acidité de l'eau. Entre 7,0 et 7,4, l'eau est confortable pour les yeux et la peau et le chlore travaille à plein. En dessous, elle devient corrosive ; au-dessus, le désinfectant faiblit et le calcaire précipite. On le corrige avec un pH moins (le plus souvent) ou un pH plus, par petites doses, filtration en marche.
TAC (alcalinité) : 80 à 150 mg/l, l'effet tampon
Le TAC mesure la capacité de l'eau à résister aux variations de pH. Trop bas, le pH fait le yoyo au moindre ajout ; trop haut, il remonte sans cesse et devient très difficile à faire baisser. Sur l'eau calcaire provençale, le TAC est souvent haut dès le remplissage : c'est lui qu'il faut regarder quand le pH ne tient pas.
TH (dureté calcique) : le cas de l'eau calcaire provençale
Le TH exprime la quantité de calcium et de magnésium dissous, en degrés français (°f). Une eau à plus de 30 °f, fréquente dans la région, tend à entartrer : voile blanc sur l'eau après un choc, ligne d'eau grise et rugueuse, dépôts dans le filtre, le réchauffeur et la cellule d'électrolyse. On ne fait pas baisser le TH avec un produit miracle ; on le gère en tenant le pH bas de fourchette et en utilisant un séquestrant calcaire.
Stabilisant (acide cyanurique) : utile, mais pas au-delà de 75 mg/l
Le stabilisant protège le chlore des UV, ce qui est précieux sous le soleil provençal. Mais il ne s'élimine ni par filtration ni par évaporation : il s'accumule. Les galets de chlore stabilisé en apportent à chaque dissolution. Au-delà de 75 mg/l, on parle de surstabilisation : le chlore est présent mais bridé, et l'eau peut tourner malgré un taux apparemment correct. Seul un renouvellement partiel d'eau fait redescendre ce paramètre.
Chlore libre et chlore combiné : l'odeur de « piscine »
Le chlore libre est celui qui désinfecte (1 à 3 mg/l). Le chlore combiné, lui, a déjà réagi avec la sueur, l'urine ou la crème solaire et forme des chloramines : ce sont elles, et non un excès de chlore, qui provoquent l'odeur piquante et les yeux rouges. Une odeur forte signale donc souvent un manque de chlore actif et appelle un traitement choc, pas une réduction des doses.